Cheveux de bébé : démêlez le vrai du faux

Cheveux de bébé : démêlez le vrai du faux

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Crinière de lion ou boule de billard, croûtes de lait, shampoing, première coupe… Passez au peigne fin huit idées reçues sur la chevelure de votre ange. Et démêlez le vrai du faux pour arrêter de vous faire des nœuds au cerveau !

Frédérique Odasso, avec la collaboration du Dr Clarence de Belilovsky, dermatologue à Paris.

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Cheveux de bébé : démêlez le vrai du faux (8 photos)

Le fœtus a déjà les cheveux qui poussent

VRAI : Même si votre petite merveille arrive au monde sans un poil sur le caillou, ne vous fiez pas à ce que vous ne voyez pas ! Le cheveu n'est pas uniquement cet ensemble de cellules remplies de kératine et de mélanine : la tige pilaire. Son véritable ordonnateur, le bulbe, se trouve sous la peau. Dès le 5e mois de vie utérine, cette fabrique à cheveux se met à usiner dur pour orchestrer les premiers cycles pilaires qui se répéteront entre vingt et trente fois au long de l'existence. Permettant le renouvellement permanent des cheveux, chaque cycle pilaire se compose de trois phases. Le nombre de cheveux en phase Anagène (croissance) est largement supérieur à ceux en phases Catagène (repos) et Télogène (chute). Heureusement, sinon nous perdrions tous nos cheveux en même temps. Pour des raisons d'immaturité hormonale, cette synchronisation des cycles n'est pas encore régulée chez le fœtus. Elle s'harmonisera plus tard. Une phase de chute intégrale peut donc se produire avant la naissance et se prolonger pendant les six premiers mois de vie. Voilà pourquoi certains bébés arrivent au monde chevelus et d'autres chauves.

Tous les bébés ne perdent pas leurs cheveux après la naissance

FAUX : La toison de jais de votre nouveau-né suscite l'envie des autres mamans. Pourtant, votre petit Samson ne fera pas l'économie d'une inévitable chute de cheveux ! Grand responsable : l'effondrement des hormones maternelles. Après quelques mois de vie, l'organisme de votre bébé devient assez mature pour sécréter ses propres hormones. Il n'a plus besoin des vôtres. Il les élimine petit à petit. Durant cette phase, les premiers cheveux tombent. Rien de grave, ils repousseront à leur rythme. Comme il existe des familles précoces et des familles tardives d'apparition capillaire, il vous faudra juste attendre la prochaine poussée stimulée par les hormones de votre enfant. Ça ne présage aucunement de la qualité future de ses cheveux. Souvenez-vous que bon nombre de bébés chauves deviennent des enfants à la chevelure magnifique.

Les croûtes de lait n'ont rien à voir avec l'hygiène du cuir chevelu

VRAI : En fin de grossesse, le transfert des hormones maternelles entraîne une production excessive de sébum chez le nouveau-né. Cet excédent séborrhéique peut donner lieu à la prolifération de petites squames jaunâtres, à l'apparence de lait séché. Tout rentrera dans l'ordre, une fois que votre bébé aura acquis son autonomie hormonale. Le plus souvent localisées sur le haut de la tête, les croûtes de lait sont indolores. Elles incommodent bien plus les parents que l'enfant lui-même. Néanmoins, pour limiter leur extension, il faudra porter un soin particulier à son crâne. Votre pédiatre vous conseillera une crème spécifique ou éventuellement une huile, type amande douce. Massez-le délicatement. Cela ramollira les squames et les aidera à tomber. Ne tentez jamais de les décoller avec l'ongle. Rincez la tête à l'eau claire tous les jours. Faites-lui un shampoing doux " spécial bébé " tous les deux ou trois jours. Utilisez une brosse douce pour le coiffer. En cas d'aggravation, consultez votre médecin qui saura vous prescrire des produits plus adaptés.

Les cheveux des bébés nécessitent des soins particuliers

VRAI : Chevelu ou chauve, le crâne de votre petit bout de chou mérite une attention au sommet. Choisissez un shampoing " spécial bébé ", sans paraben, phtalate et phénoxyéthanol. Il saura respecter l'équilibre fragile du cuir chevelu et le PH lacrymal (ne pique pas les yeux). De consistance très épaisse, n'en utilisez que quelques gouttes tous les deux ou trois jours. Le shampoing quotidien n'est pas recommandé parce qu'il agresse les cheveux fragiles des tout-petits. Préférez-lui un rinçage délicat à l'eau claire à chaque bain. N'ayez pas peur de toucher sa fontanelle (partie molle du crâne). En massant calmement son cuir chevelu, on le débarrasse de la sueur, des poussières et on limite l'apparition de croûtes de lait. Le massage doux augmenterait la vascularisation du bulbe capillaire et le renforcerait. Quoi qu'il en soit, il vous offre un moment de plaisir et de partage avec votre enfant. Séchez en tamponnant légèrement la serviette et coiffez avec une brosse souple. Quand la crinière de votre princesse prendra de la longueur, usez du démêlant. Brossez-la en commençant par les pointes. Vous limiterez ainsi les tractions intempestives sur les cheveux emmêlés. Il y aura moins de pleurs et surtout moins de bulbes arrachés !

Les cheveux finissent toujours par foncer

FAUX : Après un cycle pilaire complet, entre 4 et 7 ans, notre chevelure est totalement renouvelée. Sa couleur et sa physiologie peuvent donc se trouver modifiées. Ces mutations n'ont rien à voir avec l'âge. Nous sommes programmés pour avoir un certain type de cheveux ! Couleur, texture, cheveux blancs… notre futur capillaire est prévu dès la fécondation. Cette véritable carte d'identité génétique appartient au patrimoine héréditaire que vous transmettez à votre enfant. Ses cheveux en disent certes long sur vous mais aussi sur vos ascendants. S'il est vrai qu'un père et une mère blonds ont de fortes chances d'avoir un enfant blond, il n'est pas rare qu'au fil du temps, des boucles d'or " comme Mamie " deviennent des baguettes ébène " comme Papa ! Laissez la nature s'exprimer. Savourez les caprices de la génétique et chérissez la singularité de votre bébé.

Le couchage sur le dos favorise la chute des cheveux

VRAI : Plus la face postérieure du crâne de votre tout-petit se dégarnit, plus son matelas exhibe ses trophées capillaires. Si pour des raisons mécaniques, le frottement accélère la chute des cheveux, il ne la déclenche aucunement. La raréfaction capillaire s'inscrit dans la procédure hormonale. En tout état de cause, elle débutera par le haut du crâne pour se poursuivre inéluctablement sur la face postérieure. Patientez, ses cheveux finiront par repousser. En attendant, ne dérogez pas au couchage de votre bébé sur le dos, cette position étant une des premières mesures de prévention de la mort subite du nourrisson.

Le cheveu est un indicateur de l'état de santé

VRAI : Si les carences en fer et en vitamines, notamment du groupe B, provoquent une chute de cheveux chez l'adulte, il est fondamental d'émettre un bémol en ce qui concerne votre bébé. Rappelons que dans les premiers mois, l'absence ou la pousse lente des cheveux ne révèlent pas souvent une anémie mais plutôt une tendance génétique. En tout état de cause, cheveux ou pas, votre pédiatre saura surveiller une éventuelle carence. A partir d'1 an, les cheveux ternes et cassants sont de bons repères pour détecter un déséquilibre alimentaire ou une anémie. L'organisme produit moins de kératine et s'ensuit une chute des cheveux. Une cure de fer, vitamines et une alimentation équilibrée viendront à bout de ce problème. Très rarement, des cheveux en mauvais état dissimulent une bizarrerie génétique comme le syndrome du cheveu incoiffable - une anomalie de la tige pilaire. Ce diagnostic ne pourra être établi qu'après un bilan complet prescrit par votre médecin.

Il faut couper les cheveux pour les renforcer

FAUX : Le bulbe, l'usine à cheveux, a droit de vie et de mort sur les tiges pilaires. Un coup de ciseaux ne s'imposera jamais comme le sauveur de la fatalité capillaire. Si une coupe ne peut modifier la nature des cheveux, elle sait très bien en améliorer l'apparence. Ce sont justement ces volontés esthétiques - effet de volume plus important - et ces besoins de confort - cheveux dans les yeux - qui vont dater l'âge de la première coupe de votre grand bébé. Une fois encore, cela varie en fonction des enfants. Si vous décidez de couper vous-même, utilisez des ciseaux à bouts ronds pour éviter de blesser votre enfant. Faites-vous assister par une personne qui saura canaliser son énergie, afin de minimiser les risques de danger et de massacre de look ! La meilleure des sécurités : emmenez votre enfant dans un salon spécialisé. Vous y trouverez une expertise, de la pédagogie, du matériel adapté et la garantie d'une coupe équilibrée !

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